4:20 pm 1 note
Il y a trop à voir, mes paupières sont distraites.
:: Pop-ups dédiés à certaines de mes références entreposées sur paupieresdistraites.tumblr.com. Alternance de textes écrits en rapport avec l’artiste aimé, de données personnelles mais en rapport avec la découverte d’une oeuvre ainsi que d’informations techniques, d’images et d’extraits tirés directement de celle-ci.
@ Ecole de Recherche Graphique - 2012
Extrait #1 - L’Enfer de ClouzotUn soir. Emmitouflée dans des mètres de peignoir et d’édredon pour regarder un documentaire sur L’Enfer de Henri-Georges Clouzot. Nuit orageuse, nuit idéale. Se replonger dans une douce obsession pour Romy Schneider et découvrir plein d’anecdotes sur ce film qui n’a jamais abouti malgré le budget illimité qui lui était accordé. Des semaines entières d’expérimentations prometteuses autour de la couleur et de l’énergie cinétique. Minuit, mille captures, je suis toujours obnubilée par ces images psychédéliques et ces mélanges de couleurs improbables.
Extrait #2 - Laissez-moi de Marcelle Sauvageot“J’ai un cadeau pour toi. Enfin, c’est une attention.” Et puis, elle sortit de son sac un emballage au format tellement particulier et tellement commun à la fois, que je pu le reconnaître immédiatement : un rectangle et une épaisseur moyens avec des coins bien définis, ça ne pouvait être que ça. Tout de suite, j’ai pensé à notre Jacquie, dont la prose nous émerveille toutes les deux. D’un sourire tendre au milieu des verres qui s’entrechoquaient, elle me fit comprendre que de Jacqueline Harpman il ne s’agissait pas mais, son regard m’indiquait que ça ne pouvait que me plaire davantage. Elle déposa l’objet dans mes mains. Plus de doute, ce poids, cette texture et cet aspect un peu malléable me confirmèrent que c’était un livre que contenait le papier cadeau. Je défis délicatement les collants et découvris un auteur jamais lu auparavant. Marcelle Sauvageot écrivit “Laissez-moi” sur une couverture cartonnée et je le lisais pour la première fois assise à une table où l’on fêtait un anniversaire qui n’était même pas le mien. Un saut vers la quatrième de couverture et, tandis que je ne comprenais pas tellement en quoi ce livre m’était destiné, elle me répondit un “Tu verras” dont je connaissais parfaitement l’issue. Ce n’est que quelques soirs après, au détour d’une insomnie que je commençai la lecture de cette petite attention. Il me fallu exactement deux pages pour lui envoyer un message nocturne, des envies de tout souligner au crayon ordinaire, de mémoriser chaque tournure de phrase, chaque enchaînement de sensations pour pouvoirm’en souvenir et pour pouvoir les conter à quelqu’un qui les mériterait. Au bout de quelques chapitres, je refermai le livre et songeai à cette connexion toute particulière que nous venions de vivre. Je repensai à Lorraine voyant cet ouvrage dans un rayon et n’imaginant ces mots que pour moi. Saveur exquise que d’être, à cet instant précis, la seule personne digne de recevoir des mots qui l’ont touchées auparavant. Comme l’impression de détenir une clé pour une porte que seules, elle et moi pouvons ouvrir.
3:53 pm
Ne pas jeter un livre
:: Nous avons demandé aux gens de répondre à une simple question “Il y a un livre dont tu ne te débarrasseras jamais, lequel est-ce et pourquoi ?”. Même si, de loin, la demande semblait évidente, elle n’en faisait pas moins l’objet d’un choix radical. C’est ainsi que nous avons récolté un échantillon de réponses très variées sur les multiples raisons de ne pas jeter un livre. L’idée était de recréer une nouvelle bibliothèque et que celle-ci soit ajustable à l’infini, autant dans son agencement que dans son nombre de livres contenus, afin de ne pas ancrer de manière trop définitive cette action dans le temps. Afin de mettre en avant le choix du lecteur, nous avons recréé des couvertures de livres sur base des réponses et données reçues. Titre, auteur, sexe, année de parution et numéro d’échantillon devinrent la quatrième de couverture, tandis que l’explication du choix du lecteur devint le titre du livre, placé sur la tranche et dépassant, si nécéssaire, sur la première de couverture. Le motif d’un tel choix prenant le pas sur les données de base du livre. Pour les agencer, un système de cartons de couleur et une légende déclinable à l’infini, personnelle à chacun. Toute personne intervenant avec la bibliothèque est invitée à créer ses propres collections, ses regroupements personnels, selon ce que les “nouveaux titres” lui inspire.
:: Travail réalisé en collaboration avec Dany Borges.
@ Ecole de Recherche Graphique - 2012
3:42 pm
Happy Birthday
:: Photographies prises le lendemain de ma fête d’anniversaire.
2011
3:35 pm 1 note
Autoportrait à la coiffe inversée.
:: Coiffe d’indien à l’endroit, à l’envers. Tête de ligne, caractère fort. Drôle de relation avec l’autorité.
@ Ecole de Recherche Graphique - 2008
2:37 pm
Burst it
:: Expérimentation autour de la résistance.
@ Ecole de Recherche Graphique - 2010
2:33 pm
http://maliceis.tumblr.com
:: Edition classant une partie de mes références, stockées, à l’époque sur un tumblr.
@ Ecole de Recherche Graphique - 2011
5:42 pm
Dedans
:: Travail de mise en scène autour du mot “Dedans”
:: Projet de groupe avec Raïssa Denil, Laure Pica et Sophie Vanderveken
@ Ecole de Recherche Graphique - 2010
5:37 pm
Encyclopédie
:: Travail réalisé avec Sophie Vanderveken dans le cadre du workshop “Couper, coller, plier” avec le studioKidnap Your Designer
@ Ecole de Recherche Graphique - 2010
5:28 pm
Autoportrait au tape rouge et blanc
:: Travail sur la ligne - Invasion de l’espace public
@ Ecole de Recherche Graphique - 2009
5:26 pm 1 note
Sans titre
:: Travail d’écriture autour du thème de la rencontre
@ Ecole de Recherche Graphique - 2011
Texte intégralmardi 27 novembre 2007 20 heures, chez toi.
J’ouvre l’enveloppe et commence à lire la carte d’anniversaire que tu m’as écrite quelques heures plus tôt. Une succession de mots, pas de sens, aucune cohésion. Tout sauf des voeux d’anniversaire. Une projection de tes pensées sur le papier cartonné. On essaye d’en rire. Tu me dis que tu es fatiguée, que c’est pour ça que tu n’as pas réussi à coucher les mots sur le papier. J’esquisse un sourire compréhensif pour qu’on passe à autre chose. Plus tard dans la soirée, je pleure. Je ne sais pas que je vais te rencontrer.
vendredi 7 mars 2008vers 16 heures, à la maison.
J’attrape mon foulard et le passe autour de mon cou. Je sais que tu es fière lorsque je noue ce triangle de tissu rouge et noir et que mon sifflet cliquette au rythme de mes pas. J’entre dans ta chambre, contourne le lit et viens pour t’embrasser. Alors que je me penche, tu me tends ta joue bien ronde, celle dont j’ai hérité et je l’embrasse vivement dans un bruit d’étreinte clairement reconnaissable.
- “Passe un bon week-end. Amuse-toi bien avec tes petits louveteaux.” que tu me hèles alors que je passe la porte.
Je me retourne, te souris. Tu souris aussi, tes yeux brillent et je m’en vais. Je prends mon sac, claque la porte et file prendre le métro et ensuite le train et puis encore un autre train. Je ne sais pas que je vais te rencontrer.
vendredi 7 mars 2008 un peu plus de 17 heures, dans le train vers Namur.
Le soleil brille fort, je me suis assise sur les marches entre les deux compartiments. Le vendredi soir le train est toujours bondé, on trouve rarement une place en seconde classe. Mais ce n’est pas grave, ça ne me déplaît pas de m’asseoir sur les marches. Les fesses sur le rebord métallique, les pieds calés contre la porte, le dos appuyé sur le mur. Peut-être que j’écoute de la musique. On arrive doucement en gare d’Ottignies où je descends pour rejoindre les autres. Mon téléphone vibre et puis se met à sonner. Soleil tellement éclatant que l’écran est illisible. Je décroche. C’est Stéphanie. Une mauvaise nouvelle. Elle n’arrivera que demain, je la comprends. Je l’embrasse comme je peux à travers le combiné, je crois même que je pleure. Je crois même que je pense à toi. Je ne sais pas que je vais te rencontrer.
samedi 8 mars 2008dans la matinée, Graides.
Stéphanie arrive. Les gamines lui courent après. Sahi ! Sahi ! Sahi ! Les filles la lâchent enfin, elle se dirige vers moi. Ses yeux sont fatigués, mais c’est parce que je sais que je peux distinguer quelques cernes camouflés sous une fine couche de fond de teint. On ne dirait pas qu’hier elle pleurait. On s’étreind quelques secondes et je sens qu’on se décharge mutuellement de nos tourments. Je prends les tiens un instant et tu prends les miens en échange, tu veux bien ? A ce moment-là, je suis prête à faire l’effort, rien que pour elle. Etrangement le ciel est gris, une sorte de brume flotte au dessus des sapins. Nous ne savons pas que je vais te rencontrer.
samedi 8 mars 2008 fin d’après-midi, Graides.
Anne-Sophie me demande de tes nouvelles. Je réponds vaguement. Ca fait quelques semaines que je réponds ainsi. Pourtant, elle te connaît mais j’esquive et préfère revenir à une conversation plus futile. Les yeux de Stéphanie croisent les miens. Ils savent qu’ils sont autant fatigués qu’eux, si pas plus. Je pense à toi. Ni Anne-Sophie, ni Stéphanie, ni moi ne savons que je vais te rencontrer.
dimanche 9 mars 2008 dans la nuit, Graides.
J’essuie une larme, sans savoir que je vais te rencontrer.
dimanche 9 mars 2008je ne me souviens plus de l’heure, Graides.
Je pense à toi, j’ai envie de rentrer. Comme à chaque camp dont la fin est prévue à 16 heures, je trépigne dès midi. Je n’aime pas quand ça tire en longueur, certainement pas aujourd’hui. On embarque les dernières affaires, on monte dans la voiture en essayant de ne pas trop étendre la boue qui colle à nos chaussures. Et on se met enfin en route. Je plonge mes yeux dans le décor. Personne ne sait que je vais te rencontrer.
dimanche 9 mars 2008début de soirée, à la maison.
Je ne sais pas comment je suis rentrée. Tout au plus je suis arrivée à Wavre en voiture. Sans doute ai-je pris le train pour rentrer à la maison. Wavre/Ottignies, Ottignies/Bruxelles-Schuman et ensuite le métro jusque Pétillon. Ou peut-être l’omnibus jusqu’à la gare d’Etterbeek et le reste à pied. Quoiqu’il en soit, Maman n’est pas venue me chercher. Il n’a jamais été de coutume qu’elle vienne me récupérer à la gare. Pourtant, les circonstances auraient pu la pousser à le faire. Mais elle ne veut pas éveiller mes soupçons. Elle sait que je vais te rencontrer.
dimanche 9 mars 2008 un peu plus tard dans la soirée, à la maison.
Je passe la porte d’entrée, il fait étonnamment calme. J’ai toujours un peu de mal à me faire au silence après un week-end passé avec les filles. Je dépose mon sac dans ma chambre et me traîne jusqu’à toi avec une seule envie, prendre un bain, me défaire de toute cette boue et de mes cheveux trempés. J’essaye de relever mes cheveux noués par la pluie tout en ôtant ma chemise mouillée. Mon foulard encore autour du cou, le sifflet ballotte le long de mon ventre. J’entre dans la chambre et je ne vais pas jusqu’à toi, je ne peux pas. Une aura inconnue flotte dans l’air et m’en empêche. Je m’accoude au pied du lit et je t’observe. Tes yeux sont vides et peureux. C’est la première fois que je vois cette terreur dans tes yeux. Toi, toujours si forte avec une énorme lueur d’espoir dans le visage, tu n’as plus que ces deux billes vides sous tes cils effacés. Ton teint rose est définitivement parti, l’optimisme qui gonflait tes joues s’en est allé. Je ne comprends pas que je suis en train de te rencontrer.
Tu m’observes et ne me reconnais pas. Je tente un mot, ton regard se dirige vers moi. Tu me réponds à peine. Je deviens l’inconnue. Je n’ai pas l’air assez digne pour recevoir tes paroles. Ma grand-mère si bavarde serait-elle devenue avare ? Tes sourcils froncés, le visage sévère, un peu comme celui que tu as lorsque tu es en colère contre Maman. Elle entre justement dans la chambre, me dépasse et s’approche de toi pour te tenir la main. A ce geste tu réponds d’un sourire, tes joues se détendent et tu sembles tellement apaisée. Je crois même que je suis jalouse. Nouvel essai de conversation: tu m’interromps avec un “Muriel!” sonore et distinct. Ton visage redevient brusquement grondeur. Je ne comprends pas pourquoi tu m’affubles du prénom de ma mère. Mais elle… Elle a compris. Tout en me regardant, elle protége ta main dans la chaleur de son cou. Un nouveau sourire sur ton visage et une larme sur ta main. Je ne comprends pas que je t’ai rencontré.
dimanche 6 mars 2011 début de soirée, chez toi qui est devenu chez moi.
Je suis assise dans le grand canapé brun, celui que tu avais choisi pour le salon de ta dernière maison. Tu n’as pas vécu longtemps ici, un an et demi tout au plus, mais ta présence est encore palpable au travers toutes les choses que tu avais aimé dans ce petit rez-de-chaussée. Le parquet un peu foncé et tellement chaud, l’arcade en guise d’entrée pour le bureau ou le jardinet sur lequel on a vue depuis chaque fenêtre. Quarante-quatre jours avant l’anniversaire de ta mort, je repense à ce week-end où je t’ai vue pour la première fois. Incarnation de la maladie ou facette perdue de ma grand-mère, aujourd’hui encore, je ne sais pas trop comment je dois te nommer.
5:12 pm
Menacé de disparition prochaine
:: Travail sur le thème de l’éphémère et basé sur un extrait du livre “Le Petit Prince” d’Antoine de Saint-Exupéry.
:: Création en sel.
@ Ecole de Recherche Graphique - 2008- Mais qu’est-ce que signifie “éphémère” ? répéta le petit prince qui, de sa vie, n’avait renoncé à une question, une fois qu’il l’avait posée.
- Ça signifie “qui est menacé de disparition prochaine”.
5:04 pm
Expérimentations graphiques
:: Travail sur la ligne
@ Ecole de Recherche Graphique - 2009
4:19 pm
J’étais ici.
:: Travail réalisé dans le cadre du Festival de l’Affiche de Chaumont - 2012 ayant pour thème “Le graphisme dans l’espace public”.
@ Ecole de Recherche Graphique - 2012